30 %. Voilà le taux qui, depuis 2018, s’invite sans détour sur la majorité des gains issus d’un compte-titres en France. Cette ponction, baptisée prélèvement forfaitaire unique (PFU), s’applique d’office, à moins de prendre chaque année un chemin de traverse : le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Quant aux pertes, elles n’effacent pas tout sur leur passage : seules les plus-values de même nature, sur dix ans maximum, pourront en bénéficier.
Dans ce paysage réglementaire, le plan d’épargne en actions (PEA) tire son épingle du jeu avec une exonération fiscale à la clé pour ceux qui respectent les règles du jeu. La question du rendement net se complexifie, et choisir entre ces deux options impose une analyse fine, appuyée sur une gestion rigoureuse de sa déclaration.
Compte-titres : comment fonctionne la fiscalité des plus-values et des dividendes ?
Ouvrir un compte-titres ordinaire, c’est accepter une règle claire : chaque plus-value dégagée lors de la vente de titres est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, à hauteur de 30 %. Cette taxe regroupe deux volets : l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %).
Le scénario varie peu pour les dividendes. Eux aussi tombent sous le coup du PFU, sauf si vous choisissez l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, un abattement de 40 % adoucit la fiscalité des dividendes, mais le coût final dépend de votre tranche marginale d’imposition. Pour les contribuables les plus imposés, il peut s’avérer plus lourd que la flat tax.
Les pertes sur vos investissements, ces fameuses moins-values, ne sont pas perdues pour tout le monde. Elles s’imputent sur les plus-values réalisées la même année, ou, si ce n’est pas suffisant, sur celles des dix années suivantes. Un détail à retenir : l’abattement pour durée de détention a disparu depuis la réforme de 2018, sauf exception pour les titres détenus avant cette date et si vous choisissez le barème progressif. Ce choix, renouvelable chaque année, a un impact direct sur la fiscalité de votre compte-titres.
Enfin, le compte-titres ordinaire n’offre aucune protection fiscale particulière. Chaque opération doit être justifiée, chaque gain déclaré. Les prélèvements sociaux s’appliquent sur l’ensemble des profits, et la gestion au cordeau des dates de cessions comme des arbitrages devient indispensable.
Quels choix fiscaux pour déclarer ses gains sur un compte-titres en 2026 ?
Déclarer les opérations réalisées sur un compte-titres relève de l’équilibrisme. Deux options s’offrent à vous : conserver le prélèvement forfaitaire unique à 30 %, ou sélectionner le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Mais attention, ce choix s’applique à l’ensemble de vos revenus mobiliers pour l’année.
Le PFU reste plus avantageux pour ceux dont la tranche marginale d’imposition dépasse 30 %. Le barème progressif, lui, peut séduire en cas de revenus modestes ou lorsque l’abattement de 40 % sur les dividendes pèse dans la balance. Une fois l’option cochée lors de la déclaration en ligne, impossible de faire marche arrière pour l’exercice en cours.
Pour détailler vos opérations, le passage par le formulaire 2074 est incontournable. Les établissements transmettent un imprimé fiscal unique (IFU), mais vérifiez toujours sa justesse : les erreurs ne manquent pas, surtout concernant les moins-values reportables ou les opérations complexes.
Quel que soit le régime fiscal retenu, les prélèvements sociaux restent exigibles. Les règles évoluent régulièrement, il faut donc suivre l’actualité réglementaire. Les modalités de déclaration jouent directement sur la fiscalité du compte-titre et la gestion de votre portefeuille, notamment pour le report des pertes ou l’optimisation du montant imposable.
Compte-titres ou PEA : quelles différences majeures en matière d’imposition ?
Impossible de confondre le compte-titres ordinaire (CTO) et le plan d’épargne en actions (PEA) quand il s’agit de fiscalité. Le CTO taxe chaque opération : plus-values et dividendes subissent le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) dès leur réalisation. Pas d’exonération, pas de tolérance : tout gain est imposé à hauteur de 30 %.
Le PEA change la donne. Tant que les sommes restent investies, aucune taxation. Les arbitrages internes sont neutres fiscalement. L’impôt n’intervient qu’à la sortie, et après cinq ans de détention, les plus-values sont totalement exonérées d’impôt (hors prélèvements sociaux). Les dividendes suivent la même règle, à condition que les titres soient éligibles (principalement des actions européennes) et que l’enveloppe soit respectée.
Autre différence concrète : le PEA s’adresse uniquement aux personnes physiques résidentes fiscales françaises, avec un plafond de versement fixé à 150 000 € pour la version classique. Le compte-titres, au contraire, ne connaît ni plafond ni restriction de titres : obligations, ETF, actions étrangères… tout est possible. Cette liberté implique une fiscalité immédiate, parfois moins favorable sur le long terme, mais idéale pour une gestion dynamique ou tournée vers l’international.
Voici un résumé des principales distinctions entre les deux dispositifs :
- PEA : fiscalité différée et allégée après 5 ans, enveloppe plafonnée, titres éligibles restreints.
- Compte-titres : fiscalité immédiate, aucune limite de versement, univers d’investissement étendu.
Conseils pratiques pour optimiser la fiscalité de vos investissements financiers
La fiscalité du compte-titres n’est pas gravée dans le marbre, et certaines stratégies permettent d’en atténuer l’impact sans sacrifier la performance. Première arme à votre disposition : l’imputation des moins-values. Les pertes réalisées sur vos valeurs mobilières viennent alléger la facture fiscale en compensant les plus-values de la même année, ou sur les dix années qui suivent. Pour en profiter, il faut toutefois remplir soigneusement le formulaire 2074 lors de la déclaration annuelle.
Autre piste à explorer : choisir entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU, 30 %) et l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Si votre taux marginal est bas, la seconde peut se révéler plus intéressante, en particulier grâce à l’abattement de 40 % sur les dividendes d’actions françaises. Cette option, toutefois, s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers de l’année.
Pour aller plus loin, voici quelques leviers supplémentaires à surveiller :
- Frais de courtage : comparer les tarifs permet de limiter l’érosion de la rentabilité nette.
- Gestion sous mandat ou libre : adaptez la gestion à votre profil et à votre capacité à suivre l’actualité des marchés financiers.
- Diversification internationale : anticipez les conséquences fiscales selon la provenance des titres, car certaines conventions bilatérales limitent la double imposition sans toujours la supprimer totalement.
Surveillance des frais : un réflexe à adopter
Les frais de gestion, de tenue ou de transfert, bien que parfois négligés, grignotent la performance de votre portefeuille. Il vaut mieux les considérer dès le départ comme une variable à surveiller, notamment en cas de gestion active. Choisir avec soin la fréquence des ordres et ajuster ses arbitrages permettent d’alléger la facture.
Choix du support, anticipation des frais, déclarations précises : la fiscalité des plus-values ne pardonne rien, mais les investisseurs attentifs peuvent encore faire la différence. Reste à chacun de composer sa partition, entre liberté, rigueur et stratégie de long terme.


