Une des qualités estimables si ce n’est nécessaire en bourse est la patience. Celle-ci est souvent mise à rude épreuve lorsque les fluctuations des cours sont erratiques et de grande ampleur, ce qui arrive, de fait, fréquemment.
Je tenais à mettre en avant cette qualité à l’heure où le monde file à toute vitesse, où l’investissement court terme et le day trading sont devenues monnaie courante.
Investir comme un propriétaire, tel que le préconise Benjamin Graham, n’est pas donné à tout le monde et nécessite une certaine forme de force morale et de ténacité, voir du courage.
En effet, lorsque vous avez un portefeuille d’actions, rien n’est plus tentant que de regarder les fluctuations des cours de bourse tous les jours, mais cela n’est que de la poudre aux yeux. Regardez-vous tous les jours le prix de votre maison sur marché ? Bien sûr que non.
La grande difficulté est de rester objectif alors que rien ne concoure à l’être. L’investissement value fonctionne bien parce qu’il ne fonctionne pas tout le temps. C’est en substance le message que nous délivre Joël Greenblatt, le père de la célèbre Formule Magique. Dans Le Petit Livre qui bat le marché, Greenblatt explique que la formule magique peut sous-performer le marché 2 ou 3 années de suite…les investisseurs, ne voyant pas les cours montés, vendent alors et ne bénéficieront pas alors de la remontée des cours.
Greenblatt avance le chiffre de l’équivalent d’une période de 4 années de sous-performance (pas nécessairement consécutive bien entendu) au total sur une période de 10 années ! Enorme, non ?
Dans le même ordre d’idée, Robert Hargstrom, auteur de l’excellent « Le portefeuille de Warren Buffett« , que j’avais cité dans un précédent article sur les portefeuilles concentrés, indique les données suivantes :
- Keynes n’était pas qu’un économiste brillant mais aussi un investisseur de premier ordre.
- Pour Buffett il s’agit de sa première vie d’investisseur, dans le Partnership. Mais il s’en est pas trop mal sorti par la suite quand même…
- Munger, « frère jumeau » de Buffett, avait un fond à lui avant d’intégrer définitivement Berkshire-Hattaway.
- Ruane, ami de Buffett, et gérant du Sequoia fund qui a accueilli les orphelins de Buffett à la fin du Partneship (1969).
- Simpson, responsable de l’investissement du float de Geico, compagnie d’assurance appartenant à Berkshire-Hattaway. Le seul que Buffet laisse gérer ses investissements à sa guise. Grand bien lui en a pris !
Les chiffres sont impressionnants je trouve. Sous-performer l’indice un tiers du temps, c’est énorme…mais au final c’est le rendement qui compte…
Pour une note plus enfantine sur le sujet, je vous renvoie vers Le Lièvre et la Tortue…;)
Pour synthétiser tout cela? On doit toujours attendre…:
- …le fat pitch, le gros coup. Mais il faut être prêt mentalement et en terme de liquidités pour pouvoir passer à l’achat quand une opportunité d’une vie se présente (AIG ??
). - …que Mr Market nous offre un bon prix pour passer à l’achat d’une société que l’on aurait dans le viseur. Pour cela, il faut connaître un bon nombre de société et se tenir prêt…Il faut donc lire, et encore lire…
- …que Mr Market vous offre un meilleur prix pour vendre…et çà peut durer longtemps…
Alors, prêts à ne rien faire ?




7 réponses pour le moment ↓
1 Jean // 18 novembre 2012 à 14:21
Le portefeuille de Buffet est un très bon livre
Robert Hargstrom a écrit un autre livre « les stratégie de Buffet ». Quelqu’un l’a t-il lu ? Quels sont vos impressions ?
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Serge
// 18 novembre 2012 à 21:01
Bonjour Etienne,
La patience est en effet primordiale, d’autant plus avec toutes les raisons que le marché trouve pour s’inquiéter : crise de la dette, falaisse fiscale, et va savoir ce qu’il trouvera d’autre.
Mais, comme disaient les conseillers du roi Salomon, « This too shall pass ».
Jean, j’ai lu le livre évoqué, et franchement, il écrit tout un tome pour dire au final que les portefeuilles concentrés sont plus susceptibles de faire de hauts rendements à long terme… J’ai été assez déçu. Le premier livre est bien mieux (quoiqu’un peu simpliste à mon goût)
3
Investisseur débutant
// 18 novembre 2012 à 21:11
Jamais lu mais j’ai peur de ne pas y apprendre grand chose (à choisir, je préfère lire toutes ses lettres aux investisseurs !…mais c’est un peu plus long…;))
Mais pour ceux qui ne connaissent pas très bien Oncle Warren, pourquoi pas ?
Peut-être que tu peux trouver un résumé ou une fiche de lecture sur la toile ?
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Jeremy
// 19 novembre 2012 à 00:07
So true!
Tu as tout à fait raison Etienne!
Patience et discipline seront nos alliés. Il faut souvent s’entraîner à ne pas agir. En effet, souvent lorsque l’on analyse une entreprise, on se dit mais pourquoi ne pas la mettre tout de suite en portefeuille. Notre garde fou sera: oui mais tout dépend du prix. Dans une de ces citations, Warren disait plus ou moins: un entreprise extraordinaire payé un prix élevé grèvera la performance. C’est pourquoi Charlie disait d’acheter une entreprise extraordinaires à un juste prix.
Les écarts de performances avec l’indice de référence se feront lors des années où l’indice connaitra d’important recul (pour Berkshire, c’est lors de ces périodes là qu’il a largement accrue son avance sur l’indice).
Encaisser 3 ou 4années de sous performance consécutives demande une force de caractère que l’on va acquérir progressivement.
Ce qui peut aider, c’est de se dire comme le dit S.Klarman, en tant qu’investisseur dans la valeur c’est une performance absolue que l’on recherche et non relative.
Jeremy
5
Investisseur débutant
// 19 novembre 2012 à 15:58
Une fois de plus, il est question de psychologie et non de mathématiques…
6 Philippe // 22 novembre 2012 à 11:02
patience avant = ne pas rechercher la satisfaction immédiate
patience après = ne pas être avide / ne pas être peureux
Je pense bien résister à la satisfaction immédiate pour acheter quand c’est pas chère. Je pense résister à la peur ,quand il une ligne est à -30% avec raison d’achat inchangé , ça me fait ni froid ni chaud et je moyenne à la baisse
Avidité = mon problème , quand une ligne est à +25% je ne peux m’empêcher de vendre et d’encaisse les gains sans attendre la valeur intrinsèque
Quelqu’un d’autres soufre t-il de ce problème ?
7
Investisseur débutant
// 22 novembre 2012 à 22:23
C’est grave Docteur!! mais çà se soigne!
Pour ma part, je suis le plus impatient quand j’ai du cash, j’ai du mal à le garder! Par contre, cela ne me dérange pas de laisser courir la performance. Je ne suis pas presser de vendre car j’ai un prix de vente quand j’achète….
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