Calcul du gearing : méthode simple pour comprendre l’essentiel

Des analyses qualitatives et quantitatives sont nécessaires avant de décider de l’acquisition d’actions. Sinon, vous pourriez éventuellement vous retrouver confronté à une situation de faillite que vous ne pourriez jamais prévoir. L’une des analyses que nous pensons fondamentales est l’analyse de l’endettement.Investir dans les actions d’une entreprise sans analyse préalable, c’est comme jouer au poker sans regarder vos cartes.Dans une situation de crise, il existe très souvent une structure de dette qui amène la société à absorber les chocs les plus violents ou à les subir complètement… Le service de la dette peut rapidement devenir très difficile lorsque la première ligne connaît un ralentissement ou des problèmes !Peter Lynch, par exemple, a déclaré : « Les entreprises qui n’ont pas de dettes ne peuvent pas faire faillite. » Cette maxime est certainement un peu « extrémiste », mais elle est incroyablement efficace ! L’histoire financière n’a cessé de prouver sa véracité.Par conséquent, il est nécessaire d’analyser la fiabilité de la structure financière pour minimiser le risque de vos investissements, mais quels outils analytiques faut-il préférer ?

Qu’est-ce que le Gearing ?

Le terme « gearing », qu’on appelle aussi « ratio d’endettement », est devenu un repère solide pour juger de la solidité d’une entreprise. Ce ratio mesure simplement la dette financière nette rapportée aux capitaux propres. En clair, il montre jusqu’où la structure de fonds propres peut jouer les amortisseurs si la rentabilité subit un coup de frein ou si une crise surgit sans prévenir. Plus le ratio grimpe, plus la société s’expose à une fragilité. Impossible d’y couper : ce chiffre doit retenir l’attention quand on regarde la qualité d’une entreprise.

Comment calcule-t-on le taux d’endettement net (gearing) ?

Le calcul ne laisse pas place au doute : Gearing = dette financière nette / capitaux propres.

Mais de quoi se compose précisément cette fameuse dette financière nette ? Pour éviter de se perdre dans les méandres du bilan, il faut surtout scruter deux éléments bien précis :

  • La dette financière nette correspond à la dette financière totale inscrite au passif, en soustrayant la trésorerie disponible trouvée à l’actif.
  • La trésorerie disponible regroupe à la fois les liquidités et les placements de trésorerie (ce qu’on appelle parfois VMP) faciles à transformer rapidement en cash.

D’un côté, on fait le tour des dettes inscrites au bilan : emprunts bancaires, crédits-bails, comptes courants d’associés, obligations, découverts. Il ne suffit pas d’additionner : il faut aussi regarder l’échéance de ces dettes. Un remboursement lointain donne un peu d’air, à l’inverse, des dettes à court terme rendent l’entreprise bien plus vulnérable si la situation se tend.

Côté actif, la trésorerie se compose des montants disponibles sur les comptes et des titres financiers très liquides (comme certains fonds monétaires). Un détail a son importance : il faut se méfier des grosses rentrées de trésorerie issues de l’affacturage. Transformer des factures en argent disponible n’efface pas le risque que le client ne paie jamais. Seule la trésorerie effectivement mobilisable entre dans le calcul. Tout le reste doit être écarté sans hésitation.

Quel niveau de gearing viser ?

Aucune formule universelle n’existe : chaque secteur possède ses propres repères. Par exemple, une entreprise dans les télécoms affichera presque toujours un taux d’endettement plus élevé qu’un cabinet de conseil, parce que les besoins en capitaux ne se ressemblent pas. Il s’agit donc de comparer avec discernement, secteur par secteur.

Pour s’y retrouver face à la diversité des situations, on peut regrouper les niveaux de gearing en grandes familles de risque : ce point de départ oriente l’analyse, mais ne saurait suffire. Pour juger sereinement du risque, plusieurs démarches sont à croiser :

  • Comparer l’entreprise à ses concurrentes du même secteur de taille équivalente : l’écart de ratio est-il un reflet d’une stratégie ou signe d’une fragilité particulière ?
  • Observer le gearing sur plusieurs exercices : une dérive soudaine ou une embellie peuvent révéler un virage stratégique, une acquisition, ou une situation de stress financier.

Autre subtilité : un ratio très faible n’est pas toujours bon signe. L’entreprise pourrait, par prudence excessive, passer à côté de projets ambitieux. À l’opposé, un gearing haut n’implique pas forcément un danger immédiat. Par exemple, lorsqu’une société rachète une partie de ses propres actions, cela peut relever d’une stratégie financière pertinente, et automatiquement, le gearing augmente mécaniquement, indépendamment d’un affaiblissement réel.

En clair, pour une analyse sérieuse, il faut faire preuve de rigueur dans le calcul, comparer avec justesse et regarder les évolutions dans la durée. Derrière un simple taux, chaque explication possède ses enjeux propres.

Où trouver le gearing des sociétés cotées ?

Les chiffres nécessaires sont presque toujours accessibles dans les comptes annuels et les documents financiers publiés par les entreprises elles-mêmes. Pour ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de fouiller les rapports, plusieurs sites et bases de données financières synthétisent ces analyses et ratios, ce qui permet de disposer du taux de gearing sans devoir jongler avec les tableurs.

Finalement, ce ratio n’est ni une baguette magique ni un signal d’alarme systématique. Le gearing s’interprète à la lumière du secteur, du contexte et des stratégies menées. Rester attentif à cet indicateur, c’est garder la main sur la capacité de résilience d’une entreprise, et refuser d’avancer à l’aveugle quand viennent les remous.