Au Canada, les chiffres ne mentent pas : la spirale du surendettement gagne du terrain et touche chaque année davantage de foyers. Tandis que la pression financière s’intensifie, beaucoup cherchent un souffle, une échappatoire. Parmi les solutions évoquées, le refinancement hypothécaire s’invite souvent dans la discussion. Faut-il s’y fier les yeux fermés ? Rien n’est moins sûr. Avant de s’engager, un détour par la réalité du surendettement canadien s’impose, et un regard lucide sur les alternatives n’est jamais de trop.
L’état actuel du surendettement au Canada
Impossible d’ignorer la tendance : les ménages canadiens vivent pour beaucoup au-dessus de leurs moyens. Statistique Canada chiffrait déjà en 2016 le ratio d’endettement à 167,3 % du revenu disponible, une proportion vertigineuse. L’année suivante, l’endettement total dépassait les 2 000 milliards de dollars, les prêts hypothécaires représentant près des trois quarts de cette somme astronomique.
Ce phénomène trouve sa source dans plusieurs habitudes bien ancrées. D’abord, la consommation à outrance : le mode de vie pousse à dépenser plus, parfois sans réel besoin. Le réflexe de comparaison avec les autres et la crainte d’être mis à l’écart nourrissent cet engrenage. À cela s’ajoute la facilité d’accès au crédit : obtenir un prêt est rarement un parcours du combattant au Canada, ce qui alimente naturellement la progression du surendettement.
Le refinancement hypothécaire pour réduire vos paiements mensuels
Face à l’accumulation des dettes et aux mensualités qui grèvent le budget, le refinancement hypothécaire apparaît comme une planche de salut pour certains propriétaires. Comme présenté sur le site xperto.ca, cette option consiste à remplacer votre prêt hypothécaire par un nouveau, souvent assorti d’un taux d’intérêt plus avantageux. Concrètement, si vous détenez une maison, vous pouvez solliciter un nouveau crédit couvrant jusqu’à 80 % de la valeur nette de votre bien. Ce mécanisme permet dans bien des cas d’alléger le montant des mensualités et d’étaler le remboursement sur une période plus longue.
Le bénéfice immédiat : du souffle dans le budget, moins de pression à la fin du mois, et parfois même des économies substantielles qui libèrent des ressources pour d’autres projets ou imprévus. Imaginons un couple de Montréal, propriétaire depuis cinq ans : leur refinancement leur permet de passer de 2 000 $ à 1 200 $ de mensualité, tout en débloquant de la trésorerie pour financer des travaux ou investir ailleurs. Pour beaucoup, ce rééquilibrage rime avec un quotidien moins anxiogène.
Les risques associés au refinancement : comment les éviter
Mais attention : le refinancement hypothécaire, malgré ses attraits, reste un engagement lourd. Allonger la durée du prêt entraîne souvent le paiement d’intérêts plus élevés sur la durée. Il n’est pas rare non plus que l’opération s’accompagne de pénalités liées au remboursement anticipé de l’ancien prêt, voire de frais juridiques ou de notaire, qui alourdissent la facture finale.
Dans certains cas, le solde dû après refinancement peut même s’avérer supérieur à ce qui était prévu initialement. L’accumulation de frais (comme ceux de remboursement anticipé, de notaire ou d’expertise) peut vite ronger les économies attendues. On a vu des propriétaires s’en mordre les doigts, réalisant après coup qu’ils avaient payé plus en frais divers qu’ils n’avaient gagné en réduisant leurs mensualités. Voilà pourquoi il est sage d’envisager d’autres pistes ou de combiner plusieurs solutions avant de s’engager.
Les solutions alternatives ou complémentaires au refinancement hypothécaire
Face aux limites du refinancement, il existe d’autres leviers à explorer ou à combiner pour sortir la tête de l’eau. Voici quelques options à considérer selon votre situation :
- Renouvellement du prêt hypothécaire : au lieu de refinancer, il est parfois plus pertinent de négocier les conditions de votre prêt actuel lors du renouvellement, afin d’obtenir un taux plus bas ou des modalités mieux adaptées.
- Deuxième hypothèque : certains propriétaires choisissent de contracter une seconde hypothèque pour obtenir des liquidités, tout en conservant le prêt principal.
- Marge de crédit sur valeur domiciliaire (HELOC) : ce dispositif offre un accès flexible à des fonds, à un taux souvent inférieur à celui des cartes de crédit.
- Ajout d’une clause évolutive lors de la négociation du prêt : cette option permet de réemprunter le capital déjà remboursé si le besoin se présente, sans repasser par un processus complet de refinancement.
- Autres pistes : rachat de crédit ou utilisation de garanties sur des biens mobiliers peuvent aussi être envisagés, selon la composition de votre patrimoine.
Les avantages du refinancement hypothécaire pour les propriétaires qui ne sont pas surendettés
Le refinancement ne s’adresse pas uniquement à ceux qui peinent à joindre les deux bouts. Posséder une maison, ne pas être asphyxié par les dettes et vouloir investir ou rénover sans toucher à ses économies : dans ce contexte, refinancer son hypothèque offre de la souplesse. Par exemple, financer des travaux d’agrandissement ou de rénovation majeurs, ou encore saisir une opportunité d’investissement nécessitant une mise de fonds conséquente, devient plus simple.
En définitive, le refinancement hypothécaire se présente comme un outil. Reste à l’utiliser avec discernement, en tenant compte de sa situation réelle, de ses projets et des alternatives envisageables. Mal maîtrisé, il peut transformer un espoir de répit en source de nouveaux tourments. Mais avec une analyse rigoureuse et des choix adaptés, il peut desserrer l’étau, ou ouvrir la porte à de nouvelles perspectives. Le plus dur, souvent, c’est de savoir vers quelle porte frapper.


