89 % des entreprises françaises ont subi des retards de paiement en 2026, selon la dernière enquête Coface, soit un nouveau record historique. Le DSO moyen des PME et ETI dépasse désormais 65 jours, avec des pics à 70 jours en août. Derrière ces chiffres, c’est la trésorerie de milliers d’entreprises qui se retrouve sous tension, parfois au point de menacer leur équilibre financier.
Quand les retards de paiement pèsent sur la santé financière d’une entreprise
Un délai de paiement allongé ne se résume pas à une ligne comptable inconfortable. Il entraîne mécaniquement une hausse du besoin en fonds de roulement (BFR), oblige parfois à recourir à des financements d’urgence coûteux et peut dégrader la notation Banque de France. Pour un investisseur ou un entrepreneur débutant, comprendre ce mécanisme est fondamental : la rentabilité d’une activité ne se lit pas uniquement dans le compte de résultat, mais aussi dans la vitesse à laquelle l’argent rentre.
Le cycle que les financiers appellent « Invoice-to-Cash » (I2C) désigne tout ce qui se passe entre l’émission d’une facture et son encaissement effectif. Plus ce cycle est long, plus l’entreprise immobilise du cash. Or, selon les données d’Agicap, 25 % des entreprises affichent une volatilité du DSO supérieure à 20 % sur l’année, ce qui rend toute prévision de trésorerie particulièrement aléatoire. La loi LME plafonne pourtant les délais à 60 jours nets entre professionnels, sous peine d’une amende pouvant atteindre 2 millions d’euros pour les personnes morales. Mais la règle reste difficile à faire respecter sans outils adaptés.
L’IA comme levier d’automatisation du recouvrement
C’est dans ce contexte que des plateformes dédiées à l’automatisation du cycle Invoice-to-Cash gagnent en pertinence. Cashontime, édité par DIMO Software, en est un exemple concret : la solution unifie les données de facturation, les équipes comptables et les workflows de relance au sein d’une même interface pilotée par intelligence artificielle. Elle revendique plus de 600 clients dans le monde, avec des références comme Manpower, GL Events ou Panzani.
Concrètement, l’IA priorise les relances en fonction du comportement de paiement de chaque client, effectue le lettrage automatique des règlements (y compris partiels ou multi-ERP) et classifie les litiges pour en identifier les causes récurrentes. Selon l’éditeur, cela permettrait d’automatiser jusqu’à 70 % des tâches I2C et de réduire les litiges de 40 %. Ces chiffres sont à prendre comme des ordres de grandeur propres aux communications de la marque, mais ils illustrent une tendance réelle : multiplier les relances manuelles ne suffit plus, la personnalisation devient indispensable.
La facture électronique obligatoire : un accélérateur inattendu
Depuis le 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les ETI sont tenues d’émettre et de recevoir leurs factures en format électronique structuré, via des plateformes de dématérialisation partenaires agréées. Cette réforme, qui s’étendra à toutes les entreprises en septembre 2027, change la donne pour le cycle I2C. Elle offre un suivi en temps réel du cycle de vie des factures, ce qui ouvre la voie à des relances automatisées dès qu’un retard est détecté, sans mobiliser davantage de ressources humaines.
Pour une PME qui découvre ces enjeux, le message est simple : réduire son DSO de quelques jours, c’est libérer du cash disponible immédiatement, sans avoir besoin de négocier une ligne de crédit supplémentaire. C’est peut-être là l’argument le plus concret pour convaincre qu’optimiser ses encaissements est un acte de gestion aussi important que de surveiller ses marges.

