Les entreprises qui composent aujourd’hui l’indice CAC 40

Tout le monde a déjà entendu parler d’informations selon lesquelles le CAC 40 « a pris 0,70 % ce jour-là », « approché 6000 points » et d’autres commentaires de l’échange. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Qu’est-ce que le CAC 40 ?

Derrière son nom codé, le CAC 40 désigne l’indice boursier de référence de Paris. Il réunit quarante entreprises parmi les plus puissantes de la place financière française, celles dont la performance fait vibrer l’économie nationale. Le choix des sociétés qui intègrent cet indice ne doit rien à l’arbitraire : capitalisation, poids sectoriel, robustesse financière et intensité des échanges comptent dans la balance. Objectif affiché : refléter de la façon la plus fidèle possible la santé des principaux groupes tricolores cotés en continu.

La composition du CAC 40 n’est jamais figée. À intervalles réguliers, des ajustements viennent traduire les évolutions du paysage économique. L’exemple de 2018 reste marquant : Hermès et Dassault Systèmes rejoignent l’indice, Solvay et LafargeHolcim quittent la scène. Ce jeu de chaises musicales montre la nécessité d’un miroir aussi fidèle que possible à la réalité de l’économie française.

À l’heure où le CAC 40 tutoie les 6000 points, il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1987, au lancement de l’indice, la barre symbolique n’était que de 1000. Trente ans plus tard, le chemin parcouru donne la mesure des bouleversements économiques.

Sur les cinq dernières années, le CAC 40 a connu une progression marquante :

Mais au juste, qui retrouve-t-on, début 2020, dans le CAC 40 ? Tour d’horizon du casting.

Les 40 entreprises françaises du CAC 40

Accor Hotels

Créé en 1967, Accor Hotels règne sans partage dans l’hôtellerie tricolore, du haut de ses marques, Sofitel, Fairmont, Novotel, Mercure, Ibis et bien d’autres. Le groupe diversifie habilement ses activités : hébergement haut de gamme, espaces de coworking, conciergerie, restauration. Une stratégie nécessaire face à un secteur ultra concurrentiel. En 2020, Accor pèse 0,60 % de l’indice.

Évolution sur cinq ans :

Airbus Group

Pilier de l’aéronautique européenne, Airbus occupe une place de choix dans le CAC 40, représentant 5,74 % de l’indice. Avions de ligne, hélicoptères, satellites ou armements, le géant n’a pas faibli après la tempête de 2018 provoquée par une enquête pour corruption. Le titre a retrouvé des couleurs et tutoie désormais les trois chiffres.

Performance d’Airbus ces cinq dernières années :

Air Liquide

Le champion mondial des gaz industriels reste une valeur pilier du CAC 40. Discrète mais redoutablement solide, Air Liquide séduit les investisseurs aguerris sur cinq continents. Après un sommet atteint à la fin 2018, la capacité du groupe à évoluer à l’international et à accompagner la transition écologique sera scrutée de près.

Cours sur cinq ans :

ArcelorMittal

ArcelorMittal est issu d’une fusion entre deux géants européens et mondiaux de l’acier. Victime de plusieurs coups durs industriels, dont la polémique Florange, le groupe s’en est sorti par la reconquête de ses marges et une présence internationale robuste.

Parcours boursier sur cinq ans :

Atos

Gros bras du numérique et des services informatiques, Atos avait bondi lors de son entrée dans le CAC en 2017, avant que la spirale ne s’inverse mi-2018. Le marché attend de voir jusqu’où le groupe saura rebondir.

Cours sur cinq ans :

Axa

L’assureur né sous le nom du groupe Mutuelles Unies s’est imposé comme une valeur mondiale, à la fois dans l’assurance et la gestion d’actifs. Près de 100 000 employés autour du globe, une pondération de 3,64 %. Pour Axa, le dividende pèse autant dans la performance que le cours lui-même.

Parcours sur cinq ans :

BNP Paribas

BNP Paribas détient un statut particulier en tant qu’acteur financier européen de référence, dès l’origine du CAC 40. Après 2018, marqué par le scandale CumeX Files, puis un rebond l’année suivante, le titre est revenu sur le devant de la scène.

Évolution sur cinq ans :

Bouygues

On se souvient de Bouygues pour la téléphonie et les médias, mais la construction reste son terrain de jeu principal. Le groupe détient aussi TF1 et pèse dans l’immobilier. Après un passage à vide, le titre repartait dès 2019 sur une trajectoire ascendante.

Parcours boursier sur cinq ans :

Capgemini

Né Sogeti, Capgemini incarne la montée en puissance française dans l’IT mondial. Plus de 200 000 collaborateurs, et un titre qui progresse, même si le rachat d’Altran soulève quelques interrogations sur la rentabilité future.

Cours sur cinq ans :

Carrefour

Carrefour, vétéran du secteur de la distribution, fait partie des piliers du CAC depuis 1987. L’arrivée du nouveau patron Alexandre Bompard devait rassurer, dans un contexte de concurrence mondiale toujours plus aiguë.

Performance sur cinq ans :

Crédit Agricole

Derrière une capitalisation modérée, 1,03 % de l’indice, Crédit Agricole attire, notamment auprès des investisseurs particuliers, grâce à des titres accessibles. Mais la facilité d’achat ne doit jamais se substituer à une analyse sérieuse.

Parcours sur cinq ans :

Danone

L’alimentation mondiale porte encore le nom de Danone, avec près de 4 % de l’indice CAC 40. Malgré la baisse de chiffre d’affaires relevée en 2018, l’action suit un tracé résolument haussier sur cinq ans.

Variation sur cinq ans :

Dassault Systèmes

Moins flamboyant que sa branche aéronautique, mais redoutablement rentable, le développement de Dassault Systèmes dans le logiciel 3D en fait un champion discret au parcours haussier. Son titre a triplé sur cinq ans.

Cours sur cinq ans :

Engie

Ex-GDF, Engie continue de prendre position sur l’énergie mondiale après l’intégration de Suez en 2008. L’entreprise est sous la pression de la concurrence internationale et des nouveaux usages énergétiques.

Parcours sur cinq ans :

EssilorLuxottica

Le mariage réussi d’Essilor et Luxottica offre au nouveau groupe une position de leader mondial. L’exercice 2019 a encore renforcé la valorisation de l’action, même si la question de la stabilisation se pose pour les années à venir.

Évolution sur cinq ans :

Hermès

Depuis peu sur le devant de la scène CAC 40, Hermès domine légitimement le secteur du luxe. L’ascension boursière de la maison se poursuit sans accroc, et valorise chaque participation à plus de 1,3 % de l’indice.

Parcours sur cinq ans :

Kering

Grande figure du luxe, Kering, qui détient notamment Gucci et Saint Laurent, a vu son action s’envoler. Passer en trois ans de 150 à près de 600 € résume l’appétit des investisseurs pour le secteur.

Performance sur cinq ans :

L’Oréal

Incontournable des cosmétiques, L’Oréal affiche une pondération de 4 % et reste toujours la vitrine du dynamisme français à l’international. Le titre a poursuivi sur une très belle lancée en 2019.

Variation sur cinq ans :

Legrand

Spécialiste de l’électricité basse tension et des réseaux, Legrand s’est imposé à coups d’acquisitions internationales. Après une année 2018 difficile, le cours marque un record à la fin 2019.

Parcours sur cinq ans :

LVMH

Au sommet du CAC 40, LVMH (7,62 %) multiplie les records. Le rachat de Tiffany, opération monumentale, n’a pas freiné la dynamique. Le groupe de Bernard Arnault fascine et attire les capitaux du monde entier.

Évolution sur cinq ans :

Michelin

Michelin, synonyme de pneus autant que de guides gastronomiques, demeure une référence de l’industrie. Après une chute sévère fin 2018, son parcours boursier reste souple mais volatil.

Performance sur cinq ans :

Orange

L’ex-France Télécom, redevenue Orange, compose avec un marché mature et des marges en tension. Depuis la bulle Internet, la variation du titre reste limitée dans une fourchette de 13 à 17 €.

Évolution sur cinq ans :

Pernod Ricard

Leader mondial des spiritueux, Pernod Ricard réalise une ouverture réussie vers l’Asie, d’où le dynamisme de l’action, même si la rivalité s’accroît dans le secteur.

Parcours sur cinq ans :

Publicis

Publicis met le cap sur la transformation numérique et investit dans la donnée. Les marchés espèrent voir rapidement l’impact de ces paris, alors que le groupe pèse moins de 1 % du CAC.

Performance sur cinq ans :

Renault

L’automobile traversait une phase compliquée : Renault, pourtant référence du secteur, a vu son titre passer de près de 100 à moins de 40 euros. L’affaire Ghosn et la relation orageuse avec Nissan ont marqué les dernières années.

Parcours sur cinq ans :

Safran

Fleuron de l’aéronautique et de la défense, Safran occupe 3,41 % du CAC 40 avec un titre qui a doublé de valeur en deux ans. La participation de l’État reste élevée et témoigne de l’importance stratégique du groupe.

Performance sur cinq ans :

Saint-Gobain

Saint-Gobain, vétéran du verre et des matériaux depuis 1665, évolue entre 30 et 50 euros depuis cinq ans. L’histoire du groupe s’est écrite en parallèle de celle de l’industrie française.

Cours sur cinq ans :

Sanofi

Poids lourd mondial du médicament à 7,42 % de l’indice, Sanofi grimpe à plus de 90 euros grâce à des acquisitions ciblées et des mouvements stratégiques sur son portefeuille d’activités.

Évolution sur cinq ans :

Schneider Electric

Pionnier français de l’énergie, Schneider Electric dépasse les 25 milliards de chiffre d’affaires et a vu son action partir de 60 à plus de 93 euros en 2019, s’inscrivant dans la durée.

Parcours sur cinq ans :

Société Générale

Société Générale a vécu une année 2018 difficile, avant une stabilisation du titre à partir de mi-2019. Malgré la vente de certaines filiales, le groupe conserve la confiance des investisseurs institutionnels.

Évolution sur cinq ans :

Sodexo

Géant de la restauration collective, Sodexo compte plus de 425 000 salariés et, depuis 2016, une présence régulière parmi les valeurs du CAC. 2019 aura marqué une inflexion encourageante de son parcours boursier.

Cours sur cinq ans :

STMicroelectronics

Parti puis revenu dans l’indice, STMicroelectronics a doublé de valeur en 2019 sous l’effet de la demande mondiale en électronique, micro-contrôleurs et capteurs.

Performance sur cinq ans :

TechnipFMC

TechnipFMC est né d’une fusion franco-américaine. 2019 a vu s’enchainer rebond boursier, sanctions et incertitudes liées à la fusion, composant une trajectoire chahutée.

Variation sur cinq ans :

Thales

Thales fait son entrée dans l’indice en 2019, avec des activités dans la défense, l’aéronautique, et le ferroviaire. L’État français détient plus d’un quart du capital du groupe et la première année fut marquée par une baisse du titre.

Parcours sur cinq ans :

Total

Total reste, année après année, la première capitalisation du CAC 40 (10,48 %). C’est autour de cette major de l’énergie que se cristallisent débats sur la rente pétrolière, la fiscalité et la transition. Pour l’actionnaire, le rendement continué du dividende reste décisif.

Variation sur cinq ans :

Unibail-Rodamco

Depuis 2007, Unibail-Rodamco gère de vastes centres commerciaux, des bureaux ainsi que des espaces d’expositions. Après plusieurs années de baisse, l’action s’est légèrement reprise fin 2019.

Cours sur cinq ans :

Veolia

Gestion des déchets, de l’eau et de l’énergie : Veolia se démarque par ses succès à l’international, porteurs pour son titre, qui passe de 16 à 23 euros en 2019.

Parcours sur cinq ans :

Vinci

Actif depuis 2002 dans le CAC, Vinci concentre aujourd’hui ses efforts sur les infrastructures, l’immobilier et les aéroports. En 2019, l’action franchit les 100 euros, signal fort pour les marchés.

Évolution sur cinq ans :

Vivendi

Vivendi, pionnier des médias et du divertissement, doit beaucoup à la renaissance de Canal+ et Universal Music. La trajectoire erratique des années 2000 a laissé place à un redressement sous la houlette de Yannick Bolloré.

Cours sur cinq ans :

L’ensemble des pondérations et chiffres évoqués ici sont issus de sources récentes, mais pour vérifier le poids exact des entreprises aujourd’hui, il convient toujours de consulter les données mises à jour régulièrement par des organismes officiels et les publications des sociétés.

Comment investir dans le CAC 40 ?

Pour accéder aux actions du CAC 40, il faut ouvrir un compte-titres ou un PEA auprès d’une banque ou d’un courtier en ligne. Examinez attentivement les frais avant de vous lancer : certaines enseignes traditionnelles affichent des tarifs qui peuvent peser lourd à terme.

Une fois le compte ouvert, tout se joue sur la sélection. Beaucoup d’épargnants optent pour un choix de quelques titres du CAC 40. Il reste avisé de diversifier plutôt que de concentrer, même sur les locomotives du luxe comme LVMH, Hermès ou Kering.

L’alternative, de plus en plus populaire, consiste à miser sur un ETF ou tracker répliquant le CAC 40. Avec des frais annuels minimes (parfois inférieurs à 0,1 %), cette solution permet une diversification automatique et sans effort.

Pour ceux qui maîtrisent les produits financiers complexes, il existe des outils plus techniques comme les CFD (Contracts For Difference) : ils permettent de spéculer à la hausse ou à la baisse, avec un effet de levier potentiellement risqué. Ce type d’instrument s’adresse avant tout aux investisseurs expérimentés qui acceptent les aléas de la spéculation.

Comment choisir les actions sur lesquelles investir ?

Avant d’engager votre épargne, il reste judicieux de creuser la solidité réelle des sociétés qui composent l’indice. Les trajectoires au sein du CAC 40 diffèrent parfois radicalement.

Par exemple, EDF, réputée premier distributeur mondial d’électricité, séduit une foule d’actionnaires convaincus de la solidité du groupe. Pourtant, l’expérience montre que la rentabilité n’est jamais garantie et que la vigilance s’impose. Pour explorer en détail la situation et obtenir une perspective actualisée sur cette valeur, consultez cet article.

Étudier chaque dossier, confronter les infos et rester attentif à l’actualité, c’est la meilleure façon d’investir sans s’exposer inutilement. Là se joue la différence entre un placement mûri et une décision précipitée.

Face à la diversité du CAC 40, la sélection relève d’un art plus que d’une science exacte. Chacun devra trouver son équilibre, guidé par l’analyse et la prudence, pour que l’avenir ne se joue pas seulement au rythme des courbes boursières.