Le SMIC horaire brut est passé à 12,31 € au 1er juin 2026, soit une revalorisation de 2,41 %. Pour un contrat de 25 heures hebdomadaires, cette hausse modifie le brut mensuel, le net estimé et, point souvent négligé, le calcul du prélèvement à la source sur les contrats courts. Nous détaillons ici la mécanique de paie propre à ce volume horaire.
Mensualisation à 25h : la formule de proratisation exacte
Le calcul du salaire mensuel brut d’un contrat à temps partiel repose sur la même logique de mensualisation que le temps plein. La durée hebdomadaire contractuelle est multipliée par 52 semaines, puis divisée par 12 mois. Pour 25 heures, cela donne 108,33 heures mensualisées (25 x 52 / 12).
Ce chiffre est fixe, quel que soit le nombre de jours réels dans le mois. Il ne varie pas entre février et mars. C’est la base de paie inscrite sur chaque bulletin, et c’est sur elle que s’applique le taux horaire.
Au taux de 12,31 € brut de l’heure en vigueur depuis le 1er juin 2026, le salaire mensuel brut d’un 25h au SMIC s’établit donc à environ 1 333,55 € brut par mois (108,33 x 12,31). Rapporté au temps plein de 151,67 heures, cela représente un ratio d’environ 71,4 %.
Brut annuel pour un contrat 25h au SMIC
En multipliant le brut mensuel par 12, on obtient un salaire brut annuel d’environ 16 002,60 €. Ce montant sert de référence pour le calcul des droits à la retraite (trimestres validés) et pour la vérification du plafond de certaines aides sociales. Un salarié à 25h au SMIC valide ses quatre trimestres annuels sans difficulté, le seuil étant largement atteint.

Salaire net 25h SMIC 2026 : estimation après cotisations salariales
Le passage du brut au net dépend du taux de cotisations salariales. Pour un non-cadre au SMIC, ce taux se situe généralement autour de 20 à 23 % du brut, selon la mutuelle obligatoire, la prévoyance et la convention collective applicable. Nous retenons ici un taux moyen pour donner un ordre de grandeur fiable.
Sur une base de 1 333,55 € brut, le net avant impôt tourne autour de 1 055 € à 1 067 € net mensuel. L’écart tient principalement au coût de la complémentaire santé, qui varie d’un employeur à l’autre.
Pourquoi le ratio brut-net diffère au SMIC
Au niveau du SMIC, la réduction générale de cotisations patronales (ex-réduction Fillon) allège le coût employeur, mais elle n’affecte pas directement le net du salarié. En revanche, certaines exonérations spécifiques (contrats aidés, apprentissage) peuvent modifier les cotisations salariales effectives. Vérifiez la ligne « net à payer avant impôt » sur le bulletin, pas le brut, pour piloter votre budget.
Prélèvement à la source et contrats courts : ce qui change en juin 2026
L’angle le plus sous-estimé concerne l’impact de la revalorisation du SMIC sur le barème du prélèvement à la source des contrats courts (CDD de moins de deux mois, missions d’intérim). Depuis le 1er juin 2026, le montant mensuel net imposable du SMIC est fixé à 1 531,12 €, et l’abattement applicable aux contrats courts est passé à 766 € (50 % du net imposable mensuel), contre 748 € auparavant.
Pour un salarié en CDD de 25h, cet abattement réduit la base sur laquelle le taux neutre (grille par défaut) est appliqué. Concrètement, sur un net imposable mensuel d’environ 1 090 €, l’abattement de 766 € ramène la base taxable à environ 324 €. Le taux neutre sur cette tranche reste faible, ce qui limite le prélèvement à quelques euros par mois.
Ce mécanisme est propre aux contrats courts. Un CDI à temps partiel de 25h n’en bénéficie pas : le prélèvement à la source s’applique alors sur la totalité du net imposable, au taux personnalisé transmis par l’administration fiscale.
Vérification à faire sur le bulletin de paie
- Contrôlez que la mention « contrat court » (ou « CDD inférieur à 2 mois ») figure bien sur le bulletin si vous êtes en CDD, car c’est elle qui déclenche l’abattement de 766 €
- Comparez le « net à payer avant impôt » et le « net à payer » : l’écart correspond au prélèvement à la source effectivement retenu
- Si votre taux personnalisé est à 0 % (revenus modestes), le passage en taux neutre sur contrat court peut paradoxalement générer un prélèvement que vous n’auriez pas en CDI : demandez à votre employeur de transmettre votre taux individualisé

Heures complémentaires sur un contrat 25h : majoration et plafond
Un salarié à 25 heures hebdomadaires peut effectuer des heures complémentaires dans la limite de 10 % de la durée contractuelle (soit 2,5 heures), sauf accord collectif qui relève ce plafond à un tiers (environ 8,33 heures). Au-delà du dixième de la durée contractuelle, chaque heure complémentaire est majorée d’au moins 25 %.
En dessous de ce seuil, la majoration légale est de 10 %. Au taux horaire du SMIC, cela donne 13,54 € brut pour les heures au-delà du dixième. Ce calcul est souvent source d’erreurs en paie, notamment lorsque l’accord de branche prévoit des seuils ou taux différents.
Limite à ne pas franchir
Le total des heures (contractuelles + complémentaires) ne doit jamais atteindre 35 heures hebdomadaires en moyenne. Si c’est le cas de manière récurrente, le salarié peut demander la requalification de son contrat en temps plein, avec rappel de salaire à la clé. Nous recommandons aux employeurs de suivre ce compteur mois par mois.
Tableau récapitulatif : SMIC 25h au 1er juin 2026
| Indicateur | Montant |
|---|---|
| SMIC horaire brut | 12,31 € |
| Heures mensualisées (25h/semaine) | 108,33 h |
| Salaire mensuel brut | ~1 333,55 € |
| Salaire mensuel net estimé (avant impôt) | ~1 055 à 1 067 € |
| Salaire brut annuel | ~16 002,60 € |
| Abattement contrat court (PAS) | 766 € |
La convention collective applicable peut prévoir un minimum conventionnel supérieur au SMIC pour le coefficient correspondant au poste. Dans ce cas, le taux horaire de référence n’est plus 12,31 € mais le minimum de branche. Nous observons que cette vérification est régulièrement omise sur les contrats à temps partiel, alors qu’elle est obligatoire. Un coup d’oeil à la grille de classification du secteur suffit à sécuriser la conformité du bulletin.

