Heures supplémentaires défiscalisées : quel impact réel sur votre retraite ?

Un chiffre brut, une exception qui bouleverse la donne fiscale : jusqu’à 7 500 euros d’heures supplémentaires réalisées sur 2021 peuvent échapper à l’impôt sur le revenu. Derrière ce cadeau fiscal, une mécanique précise se met en place : entre cases à remplir, plafonds à surveiller et impact sur la retraite, chaque détail compte. Mieux vaut s’y retrouver pour éviter les mauvaises surprises et optimiser sa déclaration.

Quand l’impôt s’efface sur les heures supplémentaires

Travailler plus fait parfois basculer le rapport à l’impôt. Depuis plus d’un an, une partie des heures supplémentaires échappe au fisc. Mais le plafond ne s’étire pas à l’infini : le seuil classique de 5 000 euros grimpe exceptionnellement à 7 500 euros pour la déclaration 2021, sous réserve de remplir certaines conditions. Le moindre dépassement repasse dans la catégorie des salaires ordinaires : il sera alors imposable comme tout autre revenu.

Illustration concrète

Monsieur Corrigetonimpot a cumulé 8 500 euros d’heures supplémentaires en 2021. Résultat : 7 500 euros sont en franchise, mais sur les 1 000 euros restants, la taxation s’applique sans état d’âme.

Ce calcul n’a rien à voir avec la quantité d’heures réalisées, il dépend du total perçu. Les rémunérations d’heures supplémentaires sont souvent revalorisées, selon les conventions collectives en vigueur. À compter du franchissement de la durée légale hebdomadaire, les sommes encaissées peuvent ouvrir droit à l’exonération. Petite subtilité : dans certaines entreprises, le seuil se situe sous les 35 heures ; partout où ce plancher s’applique avec RTT, seules les heures au-delà de la 39ᵉ sont considérées comme « supplémentaires » et donc concernées par l’exonération.

Ce plafond exceptionnel de 7 500 euros correspond à une mesure ponctuelle pour 2021, prévue dans l’article 4 de la loi de finances rectificative, et vise uniquement les heures supplémentaires payées entre le 16 mars et le 10 juillet 2020. Si cette période n’est pas concernée, retour au plafond classique de 5 000 euros. Une précision qui peut radicalement modifier la déclaration.

Quel avantage fiscal attendre de cette exonération ?

Jusqu’à 7 500 euros, les heures supplémentaires exonérées sont écartées du calcul du revenu imposable. L’économie obtenue varie en fonction de la tranche d’imposition du foyer, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon le barème personnel. En revanche, ceux dont l’impôt demeure à zéro n’en tirent aucun gain fiscal.

Pour estimer le montant sauvé, il suffit de multiplier les heures exonérées par le taux marginal appliqué.

Cas pratique

Monsieur Corrigetonimpot reçoit 3 000 euros d’heures supplémentaires exonérées et se situe dans la tranche à 30 %. Le gain s’élève alors à 900 euros d’impôt en moins.

Chez la majorité des salariés, la tranche est de 11 % ou de 30 %. L’économie atteint donc de 825 euros (pour 7 500 euros d’heures exonérées à 11 %) à 2 250 euros (si la tranche est de 30 %). Ce calcul peut varier légèrement selon l’application de la fameuse déduction forfaitaire de 10 %, ou si vous préférez opter pour les frais réels.

Attention tout de même : ces heures, bien que non soumises à l’impôt, augmenteront le revenu fiscal de référence, après déduction de 10 %. Ce chiffre joue un rôle clé dans l’accès à de nombreuses aides sociales ou la taxation locale. Il vaut donc mieux surveiller ses effets de près, car l’impact sur certaines prestations n’est pas neutre.

L’effet sur le taux à la source : du changement à attendre ?

Le taux de prélèvement à la source suit les revenus déclarés l’année précédente. Les heures supplémentaires effectuées en 2021 restent sans conséquence immédiate sur ce taux. Leur effet n’apparaît qu’au moment de la régularisation, après le dépôt de la déclaration, puisque ces montants ne gonflent pas le revenu imposable.

Le plafond, toutefois, n’est pas toujours respecté. Si les 7 500 euros sont dépassés, la fraction excédentaire est soumise à l’impôt et peut, après traitement par l’administration, provoquer un relèvement du taux de prélèvement à la source. Si cet excédent ne se reproduit pas l’année d’après, la régularisation viendra ramener le taux à un niveau cohérent, mais toujours avec un décalage temporel.

Comment bien déclarer ses heures supplémentaires en 2021 : réussir sa répartition entre les cases 1AJ et 1GH

Pour la deuxième année consécutive, la déclaration fiscale distingue explicitement les heures supplémentaires exonérées. Cette case dédiée n’est en général pas préremplie : il vous revient de la compléter vous-même. Sinon, l’exonération passe à la trappe. Pour organiser ces chiffres lors de la saisie, procédez ainsi :

  • Déclarez le montant habituel de vos salaires dans la case 1AJ.
  • Placez les heures supplémentaires exonérées dans la case 1GH, spécifique à ce revenu.

Pensez à ne jamais porter plus de 7 500 euros en 1GH, même si vos heures ont explosé le plafond. L’application de déclaration ne vous avertira pas et risquer de placer l’intégralité dans cette case peut coûter cher en contrôle ou en redressement. En pratique, mettez la part exonérée en 1GH et le solde au-dessus du plafond dans le salaire habituel.

Souvent, toute la rémunération (y compris les heures supplémentaires) s’affiche en 1AJ sur la déclaration préremplie. Dans cette situation, une correction reste nécessaire pour casser la double imposition ou permettre l’exonération prévue.

Exemple concret

Monsieur Corrigetonimpot découvre sur sa déclaration un montant de 30 000 euros en case 1AJ, alors qu’il a touché 8 000 euros d’heures supplémentaires durant l’année, dont seules 7 500 euros peuvent être exonérées.

  • S’il ne modifie rien, toutes les heures supplémentaires seront taxées comme du salaire classique.
  • Pour profiter de l’exonération, il inscrit 7 500 euros en 1GH.
  • En même temps, la case 1AJ est réduite à 22 500 euros (30 000 moins les 7 500 à placer en 1GH).

Voilà le cas fréquent. À l’inverse, il arrive que la case 1AJ n’inclue pas les heures supplémentaires exonérées : il suffit alors de compléter 1GH sans toucher à 1AJ.

La frontière reste parfois floue, notamment si le bulletin de paie ne différencie pas clairement net imposable et brut. En cas de doute, mieux vaut s’adresser au service paie ou comptabilité de votre entreprise, capables de confirmer si les heures supplémentaires figurent déjà dans le total imposable. Les méthodes varient selon le secteur d’activité, il n’y a pas de règle fixe sur la composition de la case 1AJ.

Pourquoi l’impôt grimpe parfois en corrigeant la case ?

Certains déposants tombent des nues en découvrant une facture fiscale plus lourde après avoir correctement séparé leurs heures supplémentaires exonérées. Ce phénomène se produit surtout quand la case 1AJ intégrait déjà l’ensemble des revenus, sans ligne spécifique pour l’exonération.

Situation type

Un salarié reçoit une déclaration préremplie indiquant 25 000 euros en case 1AJ, alors qu’il perçoit cette somme en salaire ordinaire et, en supplément, 7 500 euros d’heures supplémentaires exonérées.

En complétant sa déclaration, 25 000 en 1AJ, 7 500 en 1GH,, il constate que la note grimpe. Ce scénario intervient parfois pour des contribuables dont le revenu fiscal de référence flirte avec les seuils d’accès à certains dispositifs de réduction d’impôt. L’ajout des heures supplémentaires exonérées dans ce revenu peut faire sauter l’avantage ou diminuer la ristourne, aboutissant à une fiscalité accrue. Ce cas, fréquent jusqu’à récemment, devrait toutefois perdre de sa vigueur avec la disparition de cette niche sur la déclaration 2021.

Difficile d’y couper : la seule voie reste une déclaration soigneusement complétée. Une chose à garder en tête : si les heures supplémentaires n’étaient pas exonérées, la différence sur l’addition serait considérable.

Derrière cette exonération, la mécanique fiscale reste particulièrement exigeante : atteindre le bon plafond, choisir la case juste, anticiper les effets sur les dépenses sociales. Pourtant, sur ce segment de la déclaration, la rigueur paie constamment, car quelques minutes d’attention font la différence entre un redressement surprise… et la satisfaction d’avoir tiré parti de chaque ligne de sa déclaration. Une seule case, et la donne change entièrement.