
Pour être en bonne santé il faut s’alimenter de manière équilibrée, manger des fruits et des légumes (vous connaissez tous le slogan!), boire suffisamment…de l’eau. et bien, chers lecteurs, il en va de même en ce qui concerne l’investissement dans les entreprises (je préfère ce vocable de peur de me faire expulser du territoire français si j’utilise les mots « bourse » ou « actions »…zut , c’est fait)!
Quand vous faites votre marché vous évitez les fruits pourris et bien essayons d’avoir cela à l’esprit quand il s’agit de choisir ses actions.
Voici donc quelques principes qui me semblent être de bon sens afin d’éviter les canards boiteux :
1°) Un bilan sain est, me semble-t-il, un bon endroit par où commencer :
- peu de dettes,
- des capitaux propres suffisants : on peut se donner un repère comme des capitaux propres qui représentent 60 ou 70% du passif,
- si possible des actifs solides (cash et immobilier)
- peu d’intangibles: un ratio (goodwill + immobilisations incorporelles) / Total actif assez bas est un bon point.
…et surtout peu de grosses variations d’une année sur l’autre et d’artifices comptables.
2°) Pas ou peu d’éléments exceptionnels qui viennent gonfler les bénéfices. Ainsi, si vous voulez avoir un historique à peu près juste de la société en terme de bénéfice, soit vous ne tenez pas compte des éléments exceptionnels, soit vous les lissez sur plusieurs années (moyenne sur 10 ans par exemple).
3°) Le discours et l’attitude des dirigeants : un élément crucial mais difficile à appréhender
- Peu de promesses et d’espérances : « cela ira mieux le prochain trimestre », « on va sortir un gigatruc ultra révolutionnaire qui va changer le monde » (tout le monde n’est pas Steve Jobs
!) - De l’honnêteté quand il y a a des problèmes
- Une information financière suffisante : quand il y a du retard dans la publication des comptes, cela n’est pas forcément bon signe
- Une entreprise centrée sur son business : éviter la dispersion et les achats pharaoniques (goodwill)
- Des dirigeants investis de manière conséquente à titre personnel dans la société et si possible qui achète des actions : cela donne confiance et est souvent gage de performance
et si possible, tout cela acheté à bas prix.
En gros, pour commencer, une bonne dose de bon sens suffit, pas besoin d’avoir un bac +12 en analyse financière.
Pour le suite il faudra travailler un peu plus quand même!
Si vous voyez des éléments à ajouter, je vous cède la place!



5 réponses pour le moment ↓
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Serge
// 13 juillet 2012 à 10:08
Hello Etienne,
Pour la partie actifs, je proposerais bien des actifs solides OU solidement redistribués aux actionnaires : par exemple, plusieurs compagnies empilent du cash ou autres actifs, pour les brûler ensuite et les actionnaires n’en verront jamais la couleur. D’autres compagnies, qui ont un ROTC très élevé, comme Lorillard ou PDL Biopharma, vont systématiquement redistribuer tous le gras aux actionnaires et ne rien empiler du tout, si bien que leur bilan semble minable avec une equity négative (mais leur valeur est très positive, simplement purement intangible). Or Lorillard est à mon avis l’une des toutes meilleures compagnies de Wall-Street en termes de qualité. Il en est de même pour National Beverage et plusieurs autres. Bien sûr, il ne s’agit pas d’acheter ces boîtes a n’importe quel prix parce qu’un tel (en l’occurence moi) a dit que c’est bien !
Je suggère par ailleurs de rajouter le critère ROTC viable : en effet, si une compagnie fait 1%, très honnêtement, pour que je songe l’acheter, il faudrait que je paie maximum 0,05 x la book value… De telles compagnies existent-elles sans se liquider ? Oui, et elles ne font pas nécessairement toutes des pertes : il y a Exacompta Clairefontaine, qui a toujours été bénéficiaire et dont on a déjà discuté ensemble par exemple. Pour prendre position dans cette boîte aujourd’hui, il faudrait que je sois un activiste qui la forcerait à se liquider avec retour de dividende exceptionnel aux actionnaires. Franchement, je ne sais pas pourquoi cette boîte vit en empilant plusieurs dizaines de millions en trésorerie et en capitaux qui ne leur servent manifestement à rien : ça me paraît tellement aberrant…
2
Ben de Bourse Ensemble
// 13 juillet 2012 à 21:35
Salut Etienne,
Je viens de terminer de lire « Warren Buffett and the Interpretation of Financial Statements » et je retrouve de nombreux concepts que tu décris ici dans ton article
Bientôt un résumé sur mon blog…
Ben
3
Jeremy
// 14 juillet 2012 à 00:15
Hello Etienne,
une très belle liste à laquelle je rajouterai les points suivants (avec une touche de Warren Buffett!):
- un historique de rachat et d’annulation d’actions (bon si on n’ a pas ça, le fait que le nombre d’actions reste stable dans le temps est déjà pas mal) et indirectement cela augmente le BNPA (je sais ce n’est pas un indicateur parfait!)
- un avantage concurrentiel fort (et encore mieux si il s’améliore!). Pas facile à déterminer mais c’est un exercice intéressant et good fun!
- un historique de dividende régulier, dans le sens où il n’ y a pas de montagnes russes dans le montant de dividende. Je préfère un dividende faible qui va progressivement augmenter plutôt qu’un beau dividende qui va varier d’une année sur l’autre. Un bon management devrait être capable de savoir si son dividende est tenable dans le temps! (Bien sûr, le dividende exceptionnel ne contribue pas aux montagnes russes, le message est clair et honnête: c’est du one shot; enjoy!).
Cheers
Jeremy
4
Investisseur débutant
// 14 juillet 2012 à 09:00
Merci à tous Messieurs pour ces compléments.
Avec tout cela, on devrait pouvoir trouver de très belles sociétés !
5
Laurent de Trading-Tactics
// 1 août 2012 à 20:14
ha ben avec le titre de l’article je ne comprenais pas trop, la je voit deja plus.
Pour trouver des belles sociétés je te conseille la methode CANSLIM si tu ne la connais pas deja. (il y a un article dessus sur mon blog, et un site très bien fait (mais en anglais) : investors.com
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